Les plantes à risques toxiques

L’image, le film, les textes, la tradition nous ont fait connaître les animaux nuisibles et nous n’avons pas coutume de les associer à notre vie quotidienne.

Mais … les plantes dangereuses ?

Elles sont autour de nous, dans notre appartement ou notre jardin, dans nos prairies ou nos forêts, avec leurs baies noires ou rouges, décoratives et… souvent porteuses de poison.
Le mot « toxique » vient d’ailleurs d’un terme grec qui désignait le « poison pour empoisonner la flèche ».
Et l’on sait qu’une décoction de ciguë fut fatale à Socrate.
Les fleurs et plantes les plus agréables à l’œil ne sont pas les moins dangereuses et l’enfant habitué à manger groseilles et myrtilles risque, un jour, de confondre des baies nocives avec ces fruits familiers.
Voici, pour vous aider à reconnaître, dans ce domaine, vos principaux ennemis, leur liste et leur « photo d’identité ».

Dans votre appartement ou votre jardin

L’if: méfiez-vous des boules rouges qu’il porte à la fin de l’été. La pulpe elle-même est sans danger, mais la graine au centre du fruit, est très toxique, ainsi que la feuille et l’écorce.

Le cytise: dangereux pour ses gousses vertes qu’un enfant peut prendre pour des petits pois.

Les arums: plusieurs espèces d’aroïdacées sont dangereuses, en particulier l’arum tacheté ou gouet et les dieffenbachia. La mastication de leurs feuilles et même leur contact avec la peau provoquent des troubles.

Le laurier rose et le laurier cerise: le premier est toxique dans toutes ses parties, le second porte, en outre, des baies tentantes.

Chez vous ou près de chez vous, prenez garde aux lupins des jardins, aux chèvrefeuille, fusain, glycine et même au gui de Noël

Au cours de vos promenades

Le vératre: il était connu autrefois sous le nom d’hellébore et passait pour guérir la folie. Il contient des alcaloïdes dangereux et l’on risque de le confondre avec la grande gentiane avec laquelle on fait d’excellents apéritifs.

La ciguë tachetée et la ciguë vireuse: cette dernière a causé la mort, en 1984, d’une promeneuse qui l’avait confondue avec de la cressonnette.

L’aconit: son surnom d’arsenic végétal indique assez qu’il faut s’en méfier.

Parmi les autres végétaux à risque que vous pourrez rencontrer: la digitale, la bryone ou ‘navet du diable », l’ancolie, l’aristoloche, la jusquiame, l’arum tacheté et le gui, déjà cités…

Allergies et épidémies

Si chacun de nous a l’expérience des piqûres et des éruptions dues au contact des orties, on sait moins que certains latex, en particulier les ficus et les euphorbes, peuvent irriter la peau et les yeux. Les personnes sujettes aux allergies risquent de connaître des désagréments du même ordre avec des plantes apparemment inoffensives.
Au cours de vos promenades, prenez garde aux pollens du printemps qui donne le rhume des foins et incommodent les asthmatiques.
Sont particulièrement à redouter les pollens du mimosa et du pin des Landes.
Dans les forêts, il arrive que des animaux malades souillent des baies comestibles, plusieurs cas de parasitose grave se sont déclarés après ingestion de myrtilles et de fraises des bois contaminées par des renards eux-mêmes parasités.
Enfin la consommation de cresson sauvage cru peut entraîner une autre parasitose sérieuse, la distomatose. dite douve du foie.

Plantes qui tuent, plantes qui sauvent

Peut-on après avoir fait la liste – non limitative – des végétaux à risques, parler de « la santé par les plantes » ? Certainement: voir « les plantes en gélules »
On s’est longtemps soigné, dans les campagnes, avec les « simples » et cette pratique reste encore enracinée dans certaines contrées de la France rurale.
Aujourd’hui, de nombreux médicaments vendus en pharmacie sont à base d’extraits végétaux.
Les plantes qui tuent et les plantes qui sauvent sont souvent les mêmes. La digitaline, extraite de la digitale, est un tonique cardiaque connu, l’atropine, venue de la belladone, est un antispasmodique, la quinine, souveraine contre la fièvre, vient du quinquina. Mais une dose excessive de digitaline peut tuer.
Et la strychnine, extraite d’une plante tropicale, peut stimuler le système nerveux de l’homme … ou l’empoisonner. Question de dose.
Les plantes médicinales, même en tisane, ne sont pas innocentes. Selon la formule traditionnelle, ne les utilisez pas pour un traitement prolongé sans avis médical.

Que faire ?

Prévention: gardez les tout-petits sous surveillance constante, ne les laissez pas près d’une plante, près d’un rameau qu’ils pourraient saisir. Très vite, apprenez à vos enfants à ne pas toucher aux plantes, aux herbes, aux baies
Empêchez-les de mâchonner quelque tige, quelque feuille ou fleur que ce soit.
Surveillez-les de près s’ils ramassent en forêt fraises, framboises ou myrtilles.
Évitez vous-même de cueillir ou de manipuler des plantes sauvages.
Adaptez votre activité de cueillette au niveau de vos connaissances botaniques.
Soins: pensez toujours à une intoxication lorsqu’un enfant – ou un adulte – a un malaise inexplicable et présente des symptômes qui vous laissent désarmé.
Le premier geste, en cas d’intoxication est de provoquer le vomissement.
Ne rien donner à boire: ni eau, ni lait: on alertera au plus tôt un médecin et un centre antipoison (tél.: 01 40 37 04 04). Si possible, on gardera les éléments permettant d’identifier la plante, la baie ou le fruit présumé responsable du mal.

Intoxication ? Surdosage ? Plantes toxiques ? faculté de pharmacie de Lille un site plein d’informations.

Piqûres et Morsures
Une vision pour la vie