Numération globulaire-plaquettes

La numération sanguine consiste à compter (le plus souvent grâce à des automates) les différents éléments cellulaires du sang: globules rouges ou hématies, globules blancs ou leucocytes, plaquettes. On détermine également des paramètres liés aux hématies: taux d’hémoglobine ; volume globulaire moyen (VGM) ; hématocrite; teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine (TCMH) ; concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH). D’autres indices (indice de distribution des globules rouges ou des plaquettes) peuvent également être calculés par les automates de numération.

Indications

cet examen est essentiel pour apprécier un dysfonctionnement de la moelle osseuse ou des perturbations dites périphériques (anémies, augmentation des globules blancs en réponse à une infection, problème de coagulation et consommation des plaquettes, …). Il est associé généralement à la formule sanguine, qui est la partie qualitative (et non plus quantitative) de l’hémogramme (constitué par la numération globulaire-plaquettes associée à la formule sanguine).

Conditions de prélèvement

prélèvement de sang veineux (en général au pli du coude), il n’est pas obligatoire d’être à jeun. Le tube de sang contient un anticoagulant qui est l’EDTA. Conservation possible quelques heures à température ambiante.

Valeurs usuelles

Globules rouges ou hématies:
4 200 000 à 5 200 000/mm3 chez la femme,
4 500 000 à 5 500000/mm3 chez l’homme.
Leucocytes:
de 4 000 à 10 000/mm3,
Plaquettes:
de 150 000 à 400 000/mm3.

Hématocrite:

38 à 48% chez la femme,
42 à 52 % chez l’homme.
Hémoglobine:
120 à 150 g/l ou 12 à 15 g/100 ml chez la femme,
130 à 170 g/l ou 13 à 17 g/100 ml chez l’homme.
Constantes érythrocytaires:
VGM : 80 à 100 fl ou µ3.
CCMH : 300 à 360 g/l ou 0,30 à 0,36 %,
TCMH : 27 à 32 pg.
Interprétation:
Anémies: diminution du taux d’hémoglobine, accompagnée d’une diminution du nombre des globules rouges. Les paramètres calculés (hématocrite, VGM, TCMH, CCMH), ainsi que le dénombrement des réticulocytes, permettent de préciser le mécanisme en cause:

– anémie d’origine centrale: insuffisance médullaire, cancer, leucémie, dysérythropoïèse,
– anémie d’origine périphérique: hémolyse, hémorragie, carence en fer, anémie inflammatoire, saturnisme, hémodilution.

Polyglobulies (augmentation du nombre de globules rouges): maladie de Vaquez; polyglobulie réactionnelle, hypoxémique ou tumorale.

Leucopénies (diminution du nombre de globules blancs): certaines infections virales ou parasitaires, insuffisance médullaire, certaines anémies, troubles de répartition, origine toxique ou médicamenteuse, certains cancers et leucémies.

Hyperleucocytoses (augmentation du nombre de globules blancs): infections bactériennes, syndromes inflammatoires, certaines parasitoses, nécroses tissulaires, cancers, syndromes myéloprolifératifs, certaines leucémies, réactions allergiques médicamenteuses.
Thrombopénie (diminution du nombre des plaquettes): destruction des plaquettes (polytransfusés), hémodilution, atteinte virale, trouble immunitaire (maladie auto-immune, réaction allergique), coagulation intravasculaire, chirurgie avec circulation extra-corporelle, purpura, syndrome hémolytique et urémique de l’enfant, aplasie médullaire, hémopathie maligne, maladie constitutionnelle héréditaire (anomalie de May-Hegglin), …
Thrombocytose (augmentation du nombre des plaquettes): splénectomie, maladies infectieuses, maladies inflammatoires, maladie de Hodgkin, réticulo-sarcomes, interventions chirurgicales, stress, brûlures graves, cirrhose, pancréatite, atrophie splénique, syndrome myélo-prolifératif, thrombocytémie essentielle.

Formule leucocytaire

La formule sanguine est toujours associée à la numération globulaire. Elle permet d’apprécier les éléments cellulaires du sang sous leur aspect qualitatif: morphologie, homogénéité de forme et de taille des globules rouges et des plaquettes, d’une part, et d’autre part, pourcentage de chaque catégorie de leucocytes (ramené en valeur absolue): polynucléaires, lymphocytes et monocytes. Il est également possible de détecter d’éventuelles cellules normalement absentes du sang circulant (cellules provenant de la moelle osseuse).

Indication

examen primordial dans le dépistage de nombreuses maladies hématologiques.
Conditions de prélèvement:
prélèvement de sang veineux (en général au pli du coude). Le tube de sang contient un anticoagulant qui est de l’EDTA. Conservation possible quelques heures à température ambiante.

Valeurs usuelles

– Polynucléaires neutrophiles : 40 à 70% (1,8 à 7 x109 /l).
– Polynucléaires éosinophiles: 1 à 5% (< 0,5 x109 /l).
– Polynucléaires basophiles: < 1% (< 0,1 x109 /l). – Lymphocytes: 20 à 40% (1 à 4 x109 /l). – Monocytes: 4 à 10% (0,16 à 1 x109 /l). Interprétation: Polynucléaires neutrophiles: Diminution: – certaines infections virales ou parasitaires, – gammapathies monoclonales, – aplasie médullaire, – anémie par carence en fer, en acide folique ou en vitamine B12, – leucémie aiguë, syndrome myélo-dysplasique, – agranulocytose d’origine toxique ou médicamenteuse, immunologique ou constitutionnelle, – hyperthyroïdie. Augmentation: – infections bactériennes à germes pyogènes, – certaines parasitoses, – maladies inflammatoires, – nécrose tissulaire (infarctus du myocarde, traumatismes), – cancers, – maladie de Hodgkin, – désordres métaboliques: goutte, urémie, éclampsie, – syndromes myéloprolifératifs, – hémorragies et hémolyses, – intoxications: benzène, radiations, certains médicaments, – tabac. Polynucléaires éosinophiles: Augmentation: – maladies allergiques, – parasitoses (surtout helminthiases), – lymphomes, – certaines maladies auto-immunes, – dermatoses. Polynucléaires basophiles: Augmentation: – syndromes myéloprolifératifs, Lymphocytes. Diminution: – aplasie médullaire, – agranulocytose d’origine toxique, – corticothérapie et traitements immunosuppresseurs, – irradiation étendue, – déficits immunitaires congénitaux, – maladie de Hodgkin. Augmentation: – physiologique chez l’enfant, – syndromes mono-nucléosiques, – infections aiguës virales ou bactériennes, – tuberculose, brucellose, – réaction allergique médicamenteuse, – maladies auto-immunes, – thyro-toxicoses, – hémopathie lymphoïde. Monocytes: Augmentation: – infections, surtout chroniques, – réactionnelle face à une neutropénie aiguë ou chronique (baisse des polynucléaires), – syndromes inflammatoires, – collagénoses, maladies de surcharge, – maladie de Hodgkin, myélome, myélofibrose, – leucémies myélo-monocytaires, – splénectomie. Présence d’éléments médullaires immatures: – syndromes myéloprolifératifs (myélémie), – érythroblastose après splénectomie, hémolyse sévère, – myélofibrose, lymphomes, myélomes, – métastases médullaires de cancers, – blastose sanguine au cours des leucémies aiguës. Réticulocytes Les réticulocytes sont des hématies qui viennent de quitter la moelle osseuse. Leur augmentation dans le sang périphérique signe une activité régénérative de la moelle osseuse pour combler un déficit lié à une anémie. On parlera alors d’anémie régénérative et dans le cas contraire, on parle d’anémie non régénérative. Indications: le taux de réticulocytes sanguin est un élément important pour déterminer le mécanisme en cause d’une anémie. Conditions de prélèvement: prélèvement de sang veineux (en général au pli du coude). Le tube de sang contient un anticoagulant qui est de l’EDTA. Conservation possible quelques heures à température ambiante. Être à jeun n’est pas obligatoire. Valeurs usuelles: 20 à 75 109 /l), soit environ 1 % des globules rouges. Interprétation: Diminution (anémies non régénératives): – érythro-blastopénie, aplasie médullaire, – anémie inflammatoire, anémie par carence en fer, anémie par carence en folates et vitamine 812, anémie réfractaire et syndromes myélodysplasiques, certains myélomes et leucémies. Augmentation (réticulocytes > 120 09 /l: anémies régénératives):

– anémie hémolytique,
– anémie post-hémorragique,
– sortie d’aplasie médullaire.

Phosphatases alcalines (PAL)

Les PAL catalysent l’hydrolyse d’esters phosphoriques variés à pH alcalin. L’activité plasmatique ou sérique provient de plusieurs tissus ou organes qui renferment l’enzyme (os, foie, intestin, placenta, …).
L’activité PAL n’est jamais demandée isolément, mais toujours dans un bilan:
bilan phosphocalcique (avec calcium et phosphore dans le sang et les urines),
bilan hépatique (avec aminotransférases, gamma GT et bilirubine).

Indications

– diagnostic et suivi des pathologies osseuses,
– Dans les affections hépatiques comme marqueur de cholestase.
Conditions de prélèvement:
analyse sur sérum (sans anticoagulant) ou plasma (héparinate de lithium). La conservation est bonne 7 jours à température ambiante et/ou à + 4°C et jusqu’à 1 mois après congélation à – 20° C.

Valeurs usuelles

les valeurs usuelles varient avec l’âge et le sexe.
– à l’âge adulte, entre 20 et 50 ans, les PAL sont plus élevées chez l’homme que chez la femme,
– après 50 ans, elles augmentent chez l’homme et la femme (surtout après la ménopause),
– chez l’adulte, la limite supérieure de la normale est de 120 UI/I.
– chez l’enfant et l’adolescent, les valeurs sont plus élevées (activité ostéoblastique liée aux phénomènes d’ossification), avec une activité maximale vers 14-15 ans pouvant dépasser 300 Ul/I.

Interprétation

Pas de signification à la diminution des activités des PAL.
Augmentations physiologiques:

– au cours de la grossesse, avec des valeurs en fin de grossesse pouvant doubler par rapport aux valeurs usuelles,
– dans les processus d’ossification physiologiques (adolescence).
Augmentations pathologiques:
– pathologies osseuses comportant une régénération ostéoblastique (ostéomalacie, maladie de Paget, hyperparathyroïdies, métastases osseuses, …).
Activités PAL à interpréter avec les autres éléments du bilan phosphocalcique:
– maladies hépato-biliaires cholestatiques (cholestases extra-hépatique par obstacle sur les voies biliaires, hépatites virales, cholestases médicamenteuses ou autres causes de cholestase, comme les processus tumoraux et la cirrhose).
Dans ce cas, l’interprétation se fait avec les autres éléments du bilan hépatique.

Protéinurie-microalbuminurie

La protéinurie est l’une des anomalies urinaires les plus fréquentes. Le dépistage par l’utilisation de bandelettes réactives est simple et très répandu. Les résultats doivent être confirmés par des méthodes plus spécialisées de quantification et de caractérisation de cette protéinurie. Selon son importance, on distingue la protéinurie physiologique, la microalbuminurie ou présence d’albumine en faible quantité dans l’urine, non détectable par les bandelettes réactives classiques, et enfin, la protéinurie avérée.

Indications

– l’existence d’une protéinurie est souvent le seul signe d’une atteinte rénale, mais elle peut également être un signe d’alerte important d’une maladie générale.
– la présence d’une microalbuminurie précède l’apparition de la protéinurie avérée.
Conditions de prélèvement:
– Le prélèvement d’urine (dans un récipient plastique, de préférence stérile) doit être effectué à distance de tout événement susceptible d’interférer ou d’augmenter la protéinurie: épisode infectieux, exercice physique, station debout prolongée.
– trois types de recueils sont possibles: recueil des urines de 24 heures dont on prélève une aliquote (résultat en mg/24 h); recueil sur une période plus courte (µg/min) ou sur une miction (mg/l). Sur une miction, le recueil est plus facile, mais les résultats présentent une variabilité plus forte. C’est pourquoi il est conseillé de rapporter le résultat de la protéinurie à celui de la créatininurie, prise comme base d’expression constante.
Dans la mesure du possible, le prélèvement doit être conservé à +4° C avant envoi au laboratoire. La congélation n’est pas conseillée.

Valeurs usuelles

– La protéinurie physiologique est inférieure à 100 mg/24 h. Elle est principalement composée d’albumine et de protéines de l’arbre urinaire,
– La protéinurie est dite pathologique si elle est permanente et supérieure à 100 mg/24 h.
– La microalbuminurie: son expression varie en fonction du mode de recueil urinaire.

Recueil
Urines des 24
heures
Urines de la
nuit
Miction
rapport
albumine/créatinine
Microalbuminurie*
30 à 300 mg/24
h
20 à 200
µg/min
2 à 22 mg/mmol

Microalbuminurie confirmée si elle est retrouvée sur au moins deux dosages lors de trois examens.

Interprétation

– La protéinurie fonctionnelle, en général modérée, intermittente, survient dans des situations particulières (effort physique, par exemple). En général, pas de lésion rénale associée.
– La protéinurie permanente peut avoir plusieurs étiologies.
Protéinurie par atteinte rénale:
– glomérulaire, la plus fréquente, liée à une altération de la membrane basale glomérulaire,
– tubulaire, par défaut de réabsorption tubulaire des protéines filtrées au niveau glomérulaire,
– mixte, où les deux mécanismes précédents sont associés.
Protéinurie par atteinte de l’arbre urinaire, urétérale ou vésicale.
Protéinurie de surcharge, liée à la présence d’une protéine plasmatique circulant en très grande quantité (dysglobuline du myélome, par exemple), et éliminée dans l’urine.
– La présence d’une microalbuminurie constitue un marqueur précoce de la survenue de complications rénales et extra rénales au cours de différentes pathologies chroniques, comme le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardio-vasculaires.

PSA (antigène spécifique de la prostate)

Le PSA est une glycoprotéine de 33 kDa appartenant à la famille des sérines protéases (les kallicréines), dont la synthèse est induite par les androgènes. Le PSA est synthétisé quasi exclusivement par les cellules épithéliales de la prostate et est éliminé majoritairement dans le sperme, seule une petite partie passe dans la circulation sanguine. Il joue un rôle dans la liquéfaction du sperme et la mobilité des spermatozoïdes. Le PSA circule sous forme libre ou lié à l’alpha1-antichymotrypsine et l’alpha2-macroglobuline.

Indications

– aide au diagnostic et suivi de l’évolution et des traitements du cancer de la prostate,
– mise en évidence d’une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP).
Conditions de prélèvement:
prélèvement sérique (sur héparine) centrifugé. Dosage immunométrique (sandwich). Prélèvement effectué à distance de toute manipulation de la prostate, de la pratique du cyclisme, vingt-quatre heures au moins après éjaculation ou infection urinaire. Conservation 48 heures au réfrigérateur ou plusieurs mois après congélation à – 80 °C.

Valeurs usuelles

– Le PSA est stable jusqu’à 50 ans, puis augmente physiologiquement de 3% par an. Le taux habituel de PSA total à partir duquel on considère une valeur comme anormale est de 4 ng/ml. Il est donc indispensable d’adapter les normales en fonction de l’âge. Pour les hommes jeunes, une valeur seuil de 2,5 ng/ml peut être utilisée,
– Afin d’améliorer la spécificité du dosage du PSA, le rapport PSA libre/PSA total est de plus en plus employé. En effet, ce rapport varie très peu en fonction de l’âge et apparaît peu dépendant de l’hypertrophie bénigne de la prostate,
– Le PSA libre n’est pas demandé en première intention. Il est indiqué pour un PSA total > 4 ng/ml avec un toucher rectal normal,
– Rapport > 20% en faveur d’une pathologie bénigne.
– Rapport < 10% en faveur d’une pathologie maligne.

Interprétation

Des valeurs de PSA total supérieures au seuil fixé indiquent une pathologie:
– bénigne: hyperplasie bénigne de la prostate (la concentration est alors proportionnelle au poids de l’adénome), infection de type prostatite,
– maligne: cancer de la prostate. Dans ce cas, le taux de total est dix fois supérieur à celui d’une hyperplasie et augmente plus vite.
La cinétique du PSA est essentielle pour suivre l’efficacité des traitements et adapter la thérapeutique:
– un PSA indétectable après trois mois prouve l’efficacité du traitement,
– sa réapparition signe une récidive qui correspond à une maladie résiduelle, locale ou métastatique.
Le rapport PSA libre/PSA total augmente la spécificité vis-à-vis du type de pathologie:
– PSA libre/PSA total élevé = HBP. Biopsie inutile,
– PSA libre/ PSA total bas = risque de cancer de la prostate. Biopsie recommandée.

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