Antibiotiques : en prendre ou ne pas en prendre ?

La plupart des maladies infectieuses bénignes de l’enfant sont dues à des virus.
Neuf fois sur dix, les rhumes, les rhino-pharyngites, les bronchiolites sont dus à des virus.
Deux fois sur trois, après l’âge de trois ans, les angines sont d’origine virale. Avant trois ans, elles sont toujours virales.
Une fois sur deux,les otites sont dues à des virus.

Pour toutes les infections virales, les antibiotiques ne permettent pas de traiter la maladie ou de guérir plus vite.

Pourquoi les bactéries deviennent résistantes ?

Les bactéries sont futées, elle s’adaptent sans cesse à leur milieu. A chaque fois que nous prenons des antibiotiques, des bactéries sensibles vont être tuées et d’autres, plus rusées, vont se modifier pour résister au traitement. Le mauvais usage ou l’usage intensif favorise l’apparition d’infections plus difficiles à traiter.
L’usage inapproprié ou répété d’antibiotiques facilite le développement des bactéries résistantes.
Plusieurs études ont établi que l’apparition de la résistance est associée d’une part, à la surconsommation d’antibiotiques et d’autre part, à des traitements trop courts ou trop longs et parfois mal dosés. L’administration répétée d’antibiotiques tend à éliminer les bactéries sensibles pour laisser place aux bactéries résistantes. L’autre phénomène important est la dissémination des gènes de résistance vers des bactéries sensibles au sein d’une même espèce mais aussi au sein d’espèces éloignées.

En cas de fièvre, que faire ?

  • Surveiller la température
  • Dévêtir votre enfant sans le déshabiller complètement
  • Enlever les couvertures
  • Installer votre enfant dans une pièce à 18°/20°
  • Donner si possible un bain tiède, 2 degrés en dessous de sa température pendant 10 minutes en mouillant la tête
  • Proposer souvent de l’eau à boire (1 biberon d’eau supplémentaire la nuit pour les nourrissons)
  • Privilégier la position allongée sur le dos
  • Ne pas donner d’antibiotiques avant d’avoir consulté, vous risquez de fausser le diagnostic
  • Utiliser les médicaments contre la fièvre suivant la prescription du médecin

Pourquoi consulter le médecin ?

La consultation permet de vérifier l’absence de gravité de la maladie et de décider d’un traitement adapté. L’origine bactérienne ou virale de la maladie relève du diagnostic lors de la consultation.
Lors de la consultation, posez des questions au médecin, faites-lui part de vos inquiétudes. Il vous aidera à comprendre la maladie de votre enfant: les signes, la durée, l’évolution normale. Si le médecin ne prescrit pas d’antibiotiques, il vous expliquera ses raisons. Un diagnostic d’infection virale n’est pas un aveu d’incompétence. L’identification des virus est longue, difficile et rarement nécessaire. Si le médecin prescrit des antibiotiques, il vous expliquera son choix. Respectez les doses et la durée du traitement. L’arrêt prématuré du traitement, même si l’enfant va mieux, l’oubli de certaines prises favorisent l’apparition de bactéries résistantes.

1 – Les antibiotiques soignent la grippe ?
2 – Les antibiotiques sont toujours efficaces contre la fièvre ou la toux ?
3 – Le mouchage vert peut faire partie de l’évolution normale des rhumes ?
4 – Depuis 15 ans, les bactéries deviennent plus résistantes aux antibiotiques ?
1 = FAUX la grippe est une maladie virale
2 = FAUX la fièvre ou la toux sont souvent les signes d’une infection virale qui ne nécessite pas de traitement par antibiotiques
3 = VRAI la couleur verte n’est pas toujours signe d’infection bactérienne et ne nécessite pas systématiquement un traitement par antibiotiques
4 = VRAI l’usage inapproprié ou répété d’antibiotiques a contribué au développement des bactéries résistantes.

D’après un document réalisé par les membres du GEPIE (Groupe d’Études et de Prévention des Infections de l’Enfant)

Antibiotiques : bien mais peut mieux faire (octobre 2004)

« Les antibiotiques, c´est pas automatique ». La campagne de bon usage du médicament antibiotique a été lancée par l´assurance maladie il y a tout juste deux ans, en octobre 2002. La France était alors le plus gros consommateur d´antibiotiques en Europe. Aujourd´hui, le pays n´est toujours pas un bon élève en la matière mais a fait de réels progrès. Ainsi avons-nous diminué de 16 % notre consommation d´antibiotiques en deux ans, ce qui, compte tenu du fait que l´objectif visé est de 25% à l´horizon 2008. Chez les jeunes enfants (0-6 ans), c´est encore mieux, avec un recul de 20,6% depuis 2002. Ce sont pas moins de 6,4 millions de traitements inappropriés qui ont de cette façon pu être évités. Cela étant, signale le Dr. Didier Guillemot, épidémiologiste à l´Institut Pasteur, il ne faut pas trop se féliciter des avancées déjà obtenues car « peut-être que ce que nous avons gagné était le plus facile à gagner ».

Les professionnels de la petite enfance mis à contribution

L´assurance maladie s´est appuyé, dans le cadre de la campagne sur les antibiotiques, sur les professionnels de la petite enfance avec lesquels elle a organisé 180 tables rondes à travers le pays. Concernés de par le fait que les enfants de 0 à 6 ans, alors qu´ils ne représentent que 6% de la population, sont les destinataires de 19% des prescriptions antibiotiques, ces professionnels ont globalement tous relevé la même difficulté : la prescription d´antibiotiques est perçue comme « la super pièce justificative qui permettra le retour de l´enfant en collectivité ». Les parents pensent qu´à partir du moment où leur enfant prend des antibiotiques, non seulement il n´est pas contagieux et peut donc retourner à la crèche, le cas échéant mais en plus, il guérira plus vite. Pour le pédiatre Robert Cohen, pour bien faire et éviter ce type de malentendus, il conviendrait notamment de clarifier les règlements intérieurs des crèches.

L´implication des médecins

Selon les chiffres communiqués par l´assurance maladie, « à clientèle égale, chaque médecin généraliste prescrit en moyenne une boîte d´antibiotiques toutes les trois consultations ou visites ». Toutefois, il existe des disparités régionales et, dans certains départements, la moyenne de prescriptions passe à une boîte d´antibiotiques toutes les deux visites ou consultations. Du coup, des efforts en termes de communication autour du bon usage des antibiotiques devraient être centrés sur ces départements.
Par ailleurs, le Pr. Hubert Allemand, médecin conseil national à l´assurance maladie, rapporte que 58% des médecins ont été formés et équipés en tests de diagnostic rapide de l´angine (TDR) et 2,7 millions de ces TDR ont jusqu´ici été distribués gratuitement à ces médecins. De plus, pas moins de 14.000 places de formation conventionnelle étaient disponibles cette année pour les médecins, l´objectif étant que 70% des généralistes soient formés d´ici 2007.

Enfin, s´il dénonce le fait que la France consomme deux fois plus d´antibiotiques que l´Allemagne, Frédéric van Roekeghem, directeur de la Cnamts, se félicite de ce que cette campagne sur les antibiotiques aura occasionné &endash; jusqu´ici &endash; une économie d´une centaine de millions d´euros à l´année. C´est ce qui s´appelle joindre l´utile (meilleure utilisation des antibiotiques) à l´utile (occasionner des économies).
SOURCE : egora

La prescription d’antibiotiques diminue ( SOURCE : caducee 01/2005)

L’Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé (IRDES) indique une diminution des prescriptions d’antibiotiques par les médecins généralistes en France depuis 1998. Cet institut vient de publier une étude de l’évolution de la prescription des antibiotiques entre 1992 et 2002.

Le principal problème de la surconsommation d’antibiotiques des dernières décennies a été l’apparition de résistances bactériennes. Diverses campagnes destinées à promouvoir une utilisation plus raisonnée des antibiotiques ont été mises en place et un effet positif semble aujourd’hui se dégager.

Ainsi, selon l’étude de l’IRDES, le pourcentage de séances chez les généralistes qui ont conduit à la prescription d’antibiotiques est passé de 27 % en hiver 1996/1997 à 18 % en hiver 2002/2003. Cette baisse des prescriptions est particulièrement marquée dans les cas de la grippe et des syndromes grippaux.

Par ailleurs, les auteurs de cette enquête ont mis en évidence une modification de la nature des antibiotiques prescrits. En effet, ils ont noté une baisse partielle de l’emploi des pénicillines au profit des antibiotiques de la classe des macrolides et des quinolones. Dernier point important, les recommandations apparaissent de mieux en mieux suivies, notamment pour les otites et sinusites.

La synthèse de cette étude réalisée par Nathalie Grandfils, Catherine Sermet et Laurence Auvray peut être téléchargée au format pdf sur le site de l’IRDES www.irdes.fr.
Source : IRDES, http://www.irdes.fr/Publications/Bulletins/QuestEco/pdf/qesnum87.pdf

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