Le diabétique en voyage

Introduction au voyage (le diabétique voyageur)

Qu’il soit professionnel ou de loisir, un voyage réussi est un voyage sans souci. Le fait d’être diabétique ne constitue en aucun cas un synonyme de sédentarité. Il vous suffit simplement de préparer un peu plus votre déplacement. Cette page du site « la Pharmacie de Rocheville » se propose de vous aider à prévoir et à anticiper les situations imprévues qui seront pour vous le charme du voyage et non son désagrément.

La préparation au voyage

Choisir sa destination

Un diabétique bien équilibré et sans complication évolutive a une grande liberté pour choisir sa destination:

  • Il est toujours préférable de stabiliser son diabète avant d’entreprendre un voyage.
  • Connaître par l’office du tourisme ou l’ambassade du pays de destination les centres de soins pour diabétiques.
  • Si les voyages lointains dans les pays en voie de développement sont préférables en groupes organisés, l’Europe et l’Amérique du Nord sont librement ouverts aux diabétiques.
  • Lorsque le diabète est bien stable, les voyages « aux frontières de l’aventure » ne sont pas interdits à condition d’être suffisamment encadrés et en groupe (présence d’un médecin ou d’une infirmière bien informé(e) souhaitable ).
  • En cas de diabète instable et/ou de complications évolutives, préférer les destinations peu éloignées, des séjours de 2 à 3 semaines maximum et vérifier la présence d’un centre de soins pour diabétiques.
  • Ne jamais voyager seul.
  • Pour les séjours à l’étranger d’un enfant diabétique: ne pas envoyer l’enfant avant qu’il ait 12-13 ans ; contacter la famille ou les responsables d’accueil directement ; vérifier qu’il existe un encadrement bien informé; renseignez-vous sur les échanges avec une famille ayant elle-même un enfant diabétique.

Prévoir son matériel

Être autonome est la première nécessité pour le diabétique en voyage.

  • Vérifiez avec votre médecin que vous êtes en possession d’un stock suffisant (prévoir 10 jours de plus): insuline – bandelettes de contrôle glycémique – stylo injecteur et aiguilles – seringues – et/ou médicaments anti-diabétiques oraux.
  • Contrôlez, nettoyez, voire changez votre lecteur de glycémie. Emportez en parallèle des bandelettes de contrôle glycémique, urinaire et de cétonurie à lecture visuelle.
  • Pour un voyage hors de France, si un stylo injecteur d’insuline est habituellement utilisé, toujours posséder des seringues de secours.
    Attention! Certains pays commercialisent encore de l’insuline en flacon concentrée à 40 U/ml (U40) et non à 100 U/ml (U100) comme en France. Pour plus de renseignements, consultez le site www.diabetebd.fr
  • Emportez un conditionnement isotherme pour garder l’insuline à l’abri de la chaleur, et prenez toujours sur vous une trousse complète de secours avec quelques jours de traitement, en cas de perte ou de vol du bagage principal, quel que soit le mode de transport: avion, car, bateau ou train.
  • Discutez du choix de votre voyage avec votre diabétologue.
  • N’oubliez pas d’emporter du sucre {hypoglycémies) et de l’insuline rapide (hyperglycémies).

Réunir les papiers utiles

Le transport de seringues peut être à l’origine d’ennuis, surtout au passage des frontières.

  • Il vous faut un certificat attestant que vous êtes diabétique et devez utiliser de l’insuline (traduit en anglais ou dans la langue du pays, c’est encore mieux) : voyez auprès des Associations de Diabétiques.
  • Il n’est pas inutile d’avoir dans son portefeuille une carte indiquant que vous êtes diabétique et qu’il faut vous donner du sucre en cas de malaise.
  • Emportez une ordonnance complète en cas de secours et demandez à votre diabétologue s’il a un correspondant sur place.

Règles communes du voyageur

N’oubliez pas que vous êtes voyageur avant d’être diabétique. Tous les conseils usuels s’adressent à vous.

  • Vous devez prendre les documents officiels nécessaires (carte d’identité, passeport, visa)
  • Vous aurez accompli, bien avant le départ, si possible en période de stabilité, les vaccinations nécessaires et pris les médicaments adaptés (antipaludisme).
  • Souscrivez de préférence une assurance de voyage prévoyant soins et rapatriement éventuel; et n’oubliez pas le formulaire E 111 de la Sécurité Sociale pour les soins pratiqués dans la CEE.
    Attention à l’eau que vous consommez, aux viandes et poissons mal cuits, aux salades et fruits mal lavés – et méfiez-vous des fruits tropicaux souvent riches en sucre !
  • Évitez: baignades en rivière {parasites) et expositions prolongées au soleil {déshydratation).
  • Prévoyez: chapeau, lunettes de soleil, protections vestimentaires, paire de lunettes en double.
  • Préparez une trousse comprenant : – antidiarrhéiques – anti-vomitifs – anti-maux des transports.

Le jour du voyage

Les derniers contrôles : la check-list

La veille du départ plutôt que le matin même, il est prudent de vérifier une dernière fois que vous avez tout prévu … et tout emporté.
Il faut avoir revu cette liste avec votre médecin quelques jours auparavant. Dressez vous une liste du matériel à emporter et cochez chaque élément après vérification:

– insuline habituelle (+ 10 jours)
– insuline rapide
– sucre
– seringues avec aiguilles
– stylo a insuline et aiguilles
– bandelettes glycémique
– autopiqueur et lancettes
– lecteur de glycémie vérifié (et piles)
– bandelettes urinaires
– certificats médicaux
– ordonnance de secours
– trousse de secours
– guide du diabétique globe trotter

Le plan de la journée

Il vous faut parer aux aléas du voyage.

  • Établissez un plan horaire des prises alimentaires et des injections d’insuline avec une fourchette horaire de sécurité car les retards sont fréquents.
  • Ayez sur vous une collation immédiate associant sucres lents à sucres rapides en cas d’imprévu {sandwiches, fruits, biscuits).
  • Adaptez ce plan horaire au mode de transport utilisé.
  • L’un de vos accompagnants doit être au courant de vos contraintes afin de vous aider en cas d’hypoglycémie, par exemple.

Le bon usage de la conduite automobile

Le diabétique au volant donne l’exemple et redouble de prudence.

  • Vérifiez votre glycémie avant le départ; si possible, partez après un petit déjeuner pris à l’heure habituelle. Par précaution, réduisez de 2 ou 4 unités votre dose d’insuline du matin afin de maintenir le jour du départ une glycémie de sécurité.
  • Respectez les pauses régulières {un arrêt de 10 minutes toutes les 2 heures est une bonne règle) pour prendre collations et repas suffisamment riches en glucides lents.
    Prolongez la pause après le déjeuner.
  • Vérifiez plus fréquemment vos glycémies capillaires; en deçà de 0,8 g/l, prévoyez la prise de glucides rapides (fruits, biscuits) et gardez à portée du sucre.
  • Buvez régulièrement de l’eau fraîche s’il fait chaud.
  • En cas de panne, absorbez une collation si vous devez changer une roue ou marcher jusqu’à un poste de secours.

Le train, le car, le bateau

Un bagage à main très équipé est de la plus haute importance à cause des retards.

  • N’hésitez pas à prévenir le chauffeur, le contrôleur ou un responsable de l’équipage que vous êtes diabétique.
  • Les sanitaires à bord ou les arrêts du car vous permettront de faire vos injections avec discrétion.
  • Évitez de choisir les formules trop bon marché masquant souvent des itinéraires longs et imprévisibles. Un certain confort contribue à votre bien-être et à votre sécurité.

Le voyage en avion

Pratique car il raccourcit la durée du voyage, l’avion est plus complexe à gérer par le diabétique au-delà de 3 heures de vol à cause des retards imprévus ou du décalage horaire à l’arrivée.

  • Bien prendre avec soi en bagage à main l’insuline car la soute est à température trop basse.
  • Prévenez l’hôtesse pour faire face rapidement à un malaise éventuel et vous servir vos repas sans délai excessif.

Fuseaux horaires et destinations lointaines

Le problème du décalage horaire se pose au-delà de 3 heures généralement . Pour bien déphaser repas, il est préférable de partir le matin ou le soir. Une règle essentielle consiste à NE PAS CHANGER VOTRE MONTRE D’HEURE avant votre arrivée et votre premier repas dans le pays de destination: cela vous aidera à suivre la durée d’action de votre insuline et à répartir les prises alimentaires.

  • Si le voyage est très long (plus de 12 heures): gardez l’heure du point de départ à votre montre pour conserver votre propre notion du temps passé.
  • Lors des escales ajoutez une vos injection d’insuline ordinaire représentant 1/4 de vos besoins quotidiens habituels, associée à la prise des repas (à prévoir toutes les 6 heures).
  • Les collations à bord, très régulières, sont une bonne sécurité pour éviter les hypoglycémies.
  • Un dernier conseil: n’hésitez pas à contrôler votre glycémie toutes les 6 heures, et corrigez si besoin avec un ajout d’insuline ordinaire si votre avion prend du retard.

Carte des fuseaux horaires

L’heure qu’indique votre montre doit rester celle du point de départ durant tout le voyage.

Tableau de bord

À titre d’exemple et durant l’hiver, vous effectuez un voyage à New York. Considérons que vous preniez l’avion à Paris à 14 h et arriviez à New York 7 heures après, à 15 h heure locale, soit 21 h à Paris.
Pour le retour, vous quittez New York à 18 h et arrivez 6 heures après à Paris, à 6 h heure locale, soit minuit à New York. Il est essentiel que vous soyez toujours en phase avec l’heure du pays où vous êtes. Vous devez donc adapter votre traitement les jours où vous voyagez.
EXEMPLES D’ADAPTATION DE TRAITEMENT POUR LA DURÉE DU VOYAGE PARIS – NEW YORK, ALLER ET RETOUR.
O: Insuline ordinaire. I: Insuline d’action intermédiaire.

En conclusion, l’adaptation de l’insulinothérapie lors d’un voyage qui comporte un décalage horaire doit se faire le jour du voyage pour vivre, dès l’arrivée, à l’heure locale. Pour un décalage de 3 heures ou moins, on peut jouer sur les horaires d’injection sans modifier le protocole. Au delà de 3 heures, il faut compenser le décalage.
En pratique, pour un voyage d’Est en Ouest il faut ajouter une injection d’insuline ordinaire pour compenser l’allongement de la journée. D’Ouest en Est, au contraire, la journée est réduite. On remplace l’insuline d’action intermédiaire du soir du départ par une insuline ordinaire.

Le séjour

Tout séjour à l’étranger s’accompagne d’une rupture des habitudes. La décontraction qui accompagne les vacances réussies ne doit pas vous conduire à l’insouciance absolue.

  • Le rythme de vos injections d’insuline et de vos contrôles glycémiques reste le même (pas d’écart supérieur à 2 heures !).
  • Mais vous devez réfléchir à l’adaptation de vos doses en fonction de votre activité physique et des aliments consommés.

Manger

  • Repérez les équivalents de vos féculents traditionnels et faites-les entrer dans la composition de vos repas.
  • Prenez garde aux excès de fruits sucrés ou de glaces qui risquent de perturber votre glycémie !
  • Les embarras digestifs sont quasi inévitables lors des séjours dans des pays tropicaux. Plutôt que de recourir aux antidiarrhéiques ou antiémétiques, compensez les pertes hydriques et faites appel au riz blanc qui vous amènera les glucides nécessaires.
  • Évitez les mets trop épicés.

Boire

  • Dans les pays chauds, les pertes d’eau insensibles liées à la transpiration accrue favorisent la déshydratation.
  • Veillez à boire régulièrement de l’ eau; ne la prenez pas glacée car elle provoque des diarrhées.
  • Sodas et jus de fruits sont peu recommandés car ils désaltèrent mal et perturbent la glycémie.
  • Les boissons alcoolisées sont déconseillées dans tous les cas au cours de la journée. L’apport de sels minéraux (sel surtout) est nécessaire si la sudation est abondante car leur déperdition favorise la déshydratation.
    COURIR, NAGER, JOUER Le sport est une composante essentielle de votre bien-être en vacances… même s’il alterne avec le farniente.
  • Réduisez votre dose d’insuline de 2 à 4 unités AVANT et APRÈS l’effort.
    Augmentez votre ration de glucides lents AVANT le sport (jamais d’exercice à jeun !) et consommez des sucres rapides toutes les demi-heures pendant une activité soutenue.
  • Les sports solitaires ou violents sont à éviter; préférez les sports de groupe en informant l’un des membres ou le moniteur que vous êtes diabétique.
  • Les règles d’hygiène habituelles concernant les chaussures valent encore davantage dans les pays chauds; les chaussures souples et aérées évitent la macération, source de mycoses; les moindres blessures doivent être désinfectées puis protégées.
  • Et bien sûr, protégez-vous des coups de chaleur.
  • Les points d’injection d’insuline doivent être l’objet de précautions d’asepsie, régulièrement changés et choisis en fonction des muscles sollicités par l’activité physique (par exemple, piquez dans le bras si vous devez faire du vélo).

Petit pense-bête du globe trotter

MATÉRIEL
À EMPORTER
. Prévoir 10
jours de plus que la durée de
séjour prévue . Insuline:
habituelle + ordinaire
. Seringues et/ ou
stylo injecteur + aiguilles
. Bandelettes:
glycémiques + glycosuriques
/cétonuriques
. Lecteur de
glycémie vérifié +
auto-piqueur + lancettes
. Sucre +
glucagon
. Coffret isotherme
pour l’insuline (genre
Thermos)
. Trousse de secours
à part
. Coton +
alcool
. Désinfectant
+ pansements
.
Antidiarrhéique, anti-vomitif,
anti-maux des transports,
antipyrétique
(paracétamol)
. Hydrochlonazone
{pour stériliser l’eau de
boisson)
. Anti-paludéen
le cas échéant
DOCUMENTS
NÉCESSAIRES
. Passeport . Carnet
de vaccination
. Carte de
diabétique . Certificat
médical
. Ordonnance de
secours
. Assurance –
voyage
. Notes: insulines du
pays, Correspondant
médical
. Carte
européenne d’assurance maladie
(Communauté
Européenne)
COMPLÉMENTS
UTILES
. Crème
solaire, chapeau, lunettes de
soleil
. Chaussures de marche
confortables et
aérées
. Pastilles de sel,
sachets de riz blanc
. Paire de lunettes
supplémentaire
. Montre en bon
état
. Petit dictionnaire
de langue … et n’oubliez pas le
guide!

Annexe

Carte de diabétique

Il n’est pas inutile d’avoir dans votre portefeuille la carte indiquant que vous êtes diabétique et qu’en cas de malaise, il faut vous donner du sucre et appeler un médecin.

Certificat

Il vous faut un certificat médical attestant que vous êtes diabétique traité à l’insuline et que vous avez un besoin permanent du matériel d’injection. Demandez à votre médecin traitant de vous remettre ce certificat en français et en anglais. voir les deux modèles proposés ci-après.

EXEMPLE DE
CERTIFICAT MÉDICAL EN
FRANÇAIS
Docteur Jean Marie B.
. .
29, rue
Montaigne
34 120
Ville
Tel…………………
 

Je
soussigné, Docteur Jean Marie B.
. . certifie que Madame, Mademoiselle,
Monsieur………………
(Prénom et Nom) est
Diabétique
insulino-dépendant et a un
besoin permanent du matériel
d’injection d’insuline dans le cadre de
son traitement.
Elle / il doit
toujours emporter avec elle / lui
:
. Stylo à
insuline.
. Seringue à
insuline.

le
………………..
Signature

 

NB: En aucun cas son
traitement ne peut être
interrompu.

EXEMPLE DE
CERTIFICAT MÉDICAL EN
ANGLAIS
Docteur Jean Marie B.
. .
29, rue
Montaigne
34 120
Ville
Tel…………………
 
I, the undersigned,
Doctor Jean Marie. . ., certify that Mrs,
Miss, Mr…(Surname and Name) has Diabetes
and is treated with insulin.
For his treatment he
must carry at alI times :

. Insulin
Pen.
. Insulin
Syringes.

Date
……………….
Signature

 

NB: Treatment must never
be stopped.

Carte européenne d’assurance maladie (remplace formulaire e 111 de la sécurité sociale)

Utile pour la Communauté Européenne (au-delà, voir avec votre assureur), la demander à votre centre de régime obligatoire maladie.

Spécial « pompes à insuline »

Choisissez, de préférence, de voyager en Europe ou en Amérique du Nord. Ayez toujours un diabétologue correspondant sur place.

  • Évitez les séjours trop longs (contraintes de matériels à emporter).
  • Ayez toujours du matériel suffisant: piles, cartouches d’insuline, cathéters, seringues classiques et insuline en flacons, dont une partie dans votre bagage à main.
  • N’hésitez pas à changer le cathéter tous les jours (sudation).
  • Renforcez les mesures d’hygiène et la fixation du cathéter.
  • Signalez que vous êtes porteur de pompe à insuline lors des passages aux portiques de contrôle des aéroports: le champ magnétique du système peut dérégler votre pompe, donc, n ‘y passez pas !
    HYPERGLYCÉMIE = changement complet du circuit d’infusion + vérification de la cétonurie.
Les plantes à risques toxiques
Piqûres et Morsures