Les principales maladies sexuellement transmissibles (MST) : la Syphilis

De quoi s’agit-il ?

La syphilis est une maladie, causée par une bactérie appelée tréponème pâle (Treponema pallidum), qui se transmet lors de relations sexuelles (orales, génitales ou anales) avec un partenaire infecté. Cette bactérie ne survit pas longtemps à l’extérieur du corps (quelques minutes à l’air libre), mais transportée par le sang à tous les organes du corps, les consommateurs de drogues injectables peuvent être infectés lors du partage de seringues. Également pour cette raison, une femme enceinte atteinte de syphilis non traitée peut transmettre l’infection à son fœtus avant la naissance.
Quoiqu’il en soit, les lésions, éruptions ou sécrétions (salive, sperme, sang, sécrétions vaginales) d’une personne infectée sont très contagieuses.
Le premier symptôme est une lésion indolore qui apparaît à l’endroit où la bactérie a pénétré dans l’organisme. La seconde étape de la maladie se manifeste plusieurs semaines plus tard par des éruptions. La syphilis s’attaque à l’ensemble du corps: la syphilis non traitée évoluera vers le stade tertiaire, où la bactérie envahit le cerveau, les nerfs, les yeux, le cœur, les vaisseaux sanguins, le foie, les os ou les articulations. Il est possible de traiter efficacement l’infection au moyen d’un antibiotique approprié.

La syphilis une maladie globale !

L’infection est répandue dans le monde entier, son nom populaire change selon les pays:
– Mal napolitain (pour les Français)
– Mal français (pour les Italiens, les Espagnols, les Allemands, et les Anglais)
– Mal espagnol (pour les Portugais et les Néerlandais)
– Mal anglais (pour les Écossais)
– Mal allemand (pour les Polonais)
– Mal polonais (pour les Russes)
Cette pathologie avait presque disparu en France au début des années 1990, mais depuis, elle est de retour avec plus de 750 nouveaux cas pour 2008. On estime qu’il y plus de 12 millions de malades dans la population mondiale.

Quels sont les symptômes ?

La maladie évolue en phases successives, ces différents stades reflètent le degré d’infectiosité et la progression de la syphilis:
– primaire,
– secondaire,
– latente précoce, latente tardive,
– tertiaire.

La syphilis primaire

Les symptômes de la syphilis primaire interviennent entre deux semaines et trois mois suivants l’infection initiale. Une ulcération ou lésion appelée chancre (lésion rosée, indolore, non inflammatoire, propre, bien limitée devenant dure, laissant sortir un liquide clair) apparaît sur les organes génitaux ou les lèvres ou dans l’anus ou la bouche. Elle est indolore et disparaît habituellement toute seule.
Des ganglions durs et indolores sont également présents dans la zone du chancre, mais ne se remarquent pas forcement. Comme la plaie n’est pas douloureuse, la personne infectée peut ne pas remarquer la présence du chancre et peut ne pas se douter qu’elle a été contaminée.
En général, la plaie va se résorber d’elle-même, sans traitement, mais l’infection persiste et progresse vers le stade secondaire. Environ le tiers des cas de syphilis primaire non traitée évoluent vers le stade secondaire.

La syphilis secondaire

Elle peut se déclarer entre quatre semaine et une demi-année après l’infection (apparition du chancre).
Elle se manifeste par une éruption sur les paumes et la plante des pieds (nombreuses lésions dont certaines sont contagieuses), un mal de gorge, une chute de cheveux par plaques. Ces signes sont associés à de nombreux ganglions palpables indolores, une fatigue, une température corporelle légèrement augmentée, des maux de tête. Méningite, hépatite, atteintes rénales et articulaires sont possibles.
Encore une fois, ces symptômes peuvent disparaître même sans traitement: environ le tiers des cas de syphilis secondaire non traitée évoluent vers une infection latente.

La syphilis latente précoce et la syphilis latente tardive

La syphilis est dite latente (cachée) quand la bactérie est présente dans l’organisme malgré que le malade ne présente aucun symptôme: les réactions sérologiques sanguines sont retrouvées positives. Les sujets qui ont la syphilis depuis moins d’un an et sont asymptomatiques sont considérés comme étant atteints de syphilis latente précoce; ils peuvent présenter des lésions récurrentes de la peau et des muqueuses et sont potentiellement contagieux pour les sujets qui entrent en contact avec eux.
On distingue la syphilis latente précoce (pendant la première année suivant la contamination) et la syphilis latente tardive (après la première année).
La syphilis est infectieuse aux stades primaire, secondaire et latent précoce (moins d’un an).

La syphilis tertiaire

En l’absence de traitement, après plusieurs mois ou années silencieuses, la syphilis tertiaire peut apparaître. L’immunité du malade a fortement diminuée, il y aura apparition de nouvelles lésions:
– des lésions permanentes du système nerveux central (on parle de neuro-syphilis) avec parfois: paralysie générale, troubles psychiatriques,
– cicatrices importantes, réactions allergiques, lésions cutanées (nodosités de la peau au niveau du visage, dures, recouvertes de squames, laissant une cicatrice centrale), nodules plus profonds dans le derme ayant tendance à se ramollir puis à s’ulcérer.
– érythème circiné : petits disques ronds de coloration rose sur l’ensemble du corps sauf le visage.
– des lésions de la langue, des lésions osseuses,
– des lésions hépatiques, des lésions du tube digestif, des lésions rénales
– des lésions du cœur et des vaisseaux
– lésions du nerf auditif s’accompagnant de surdité, lésions oculaires.
Pendant cette phase de la maladie, le patient n’est plus contagieux.

Comment est-elle diagnostiquée? La consultation

La syphilis étant une maladie sexuellement transmissible: le médecin doit interroger le patient sur ses partenaires sexuels.
La syphilis est dénommée « la grande imitatrice » en raison de la vaste gamme de symptômes que peuvent ressentir les personnes infectées. Ces symptômes ressemblent à ceux d’autres affections et un médecin non sensibilisé à cette pathologie peut poser un mauvais diagnostic, par exemple:
– au stade primaire: le chancre syphilitique peut être confondu avec le chancre mou (lié à un autre germe). Les caractéristiques cliniques du chancre et les examens complémentaires permettent de les différencier.
– au stade secondaire: les lésions cutanées observées à ce stade peuvent être confondues avec de nombreuses maladies dermatologiques (psoriasis … )

Au stade primaire:
Une plaie ouverte et indolore peut se manifester là où la bactérie a pénétré dans l’organisme, généralement dans la région génitale, ou de la gorge ou de l’anus. Les symptômes peuvent se manifester dans les deux mois qui suivent l’infection. Il faut rechercher des localisations atypiques (extra-génitales) du chancre. Celui-ci peut passer inaperçu et la syphilis qui ne sera donc pas traitée pourra évoluer vers sa phase secondaire.
Si un chancre est présent, un prélèvement sera effectué sur la plaie par un laboratoire: les bactéries seront découvertes. Il est aussi possible de faire une analyse sanguine, afin de diagnostiquer la syphilis, mais l’infection n’est décelable par ce moyen que quinze jours à douze semaines après l’infection.
Au stade de syphilis secondaire:
le médecin examinera et décrira les lésions cutanées et muqueuses (pouvant siéger sur la langue, les plis, la muqueuse anale ou rectale).

Analyses et examens complémentaires:
Stade syphilis primaire:
Le prélèvement doit être fait sur les sérosités du chancre (avant l’administration d’antibiotiques). Avec un microscope particulier, l’ultramicroscope à fond noir, le tréponème sera mis en évidence. À ce stade de la maladie, c’est le seul examen permettant de faire un diagnostic, car les réactions sérologiques ne sont positives qu’une quinzaine de jours après l’apparition du chancre.
Stade syphilis secondaire:
Le prélèvement doit être fait au niveau de certaines lésions cutanées (plaques érosives). Avec le même type de microscope, le tréponème sera mis en évidence. À ce stade, les réactions sérologiques pourront être mise en œuvre pour mettre en évidence des anticorps dirigés contre la bactérie sont positives à ce stade.

Quels sont les effets de la syphilis ?

Sans traitement approprié, dans un tiers des cas, la guérison sera spontanée.
Dans les deux tiers des cas, les symptômes de la syphilis disparaissent en six mois, même sans traitement, mais les bactéries continuent de se répandre dans le corps et un tiers des malades développeront des formes secondaires et tertiaires, tandis que le dernier tiers aura une syphilis latente.
Le troisième stade de la maladie commence des années plus tard, et peut provoquer des troubles cardiaques, des lésions cérébrales ou même la mort.

On peut éviter ces complications si le maladie est soigné à temps: les formes primaires et secondaires traitées correctement guériront sans qu’il y ait de séquelles.

Chez le fœtus, la syphilis peut provoquer un avortement spontané, un enfant mort-né ou un enfant prématuré.
Un nourrisson atteint de syphilis congénitale peut ne présenter aucun symptôme à la naissance, mais ceux-ci apparaîtront rapidement s’il n’est pas traité. Parmi les manifestations précoces peuvent figurer une hypertrophie du foie, une hypertrophie de la rate, un gonflement des ganglions lymphatiques, des lésions de la peau et de la bouche, une inflammation des os et une anémie. Les manifestations tardives, après l’âge de 2 ans, peuvent toucher le cerveau (entraînant une perte d’audition, une déficience intellectuelle ou des convulsions), les yeux, les os, les articulations, les dents et la peau.

Comment est-elle traitée ?

La syphilis peut être facilement traitée par des injections de pénicilline (ou en cas d’allergie, par d’autres antibiotiques de type macrolides ou cyclines). Cependant, c’est la pénicilline en injection qui reste l’antibiotique de référence, car contrairement à beaucoup de germes , il n’y a pas de souches résistantes.
Il est très important de suivre son traitement jusqu’au bout, et le médecin doit dépister et traiter si nécessaire les partenaires sexuels du malade infecté.
Le médecin décidera du mode, des doses, et la durée du traitement, en fonction du stade primaire, secondaire ou tertiaire de la syphilis.
Il est important de faire des examens de suivi pour vérifier que la syphilis est éradiquée. Le médecin déterminera la fréquence de ces examens.

Attention, la syphilis est transmissible!

Surtout au partenaire sexuel, au cours des stades primaire, secondaire et latent précoce de la maladie. Certains malades atteints ne ressentent aucun symptôme: il faudra donc faire un test de dépistage et le cas échéant, traiter les partenaires sexuels des deux dernières années, car peut être eux aussi l’ont contracté sans le savoir,
Les femmes enceintes peuvent transmettre la maladie à l’enfant qu’elles portent,
La transmission peut également être due à la transfusion de sang non testé ou à une inoculation directe.

Prévention

– Prendre les précautions nécessaires lors de relations sexuelles ou de l’utilisation de seringues,
– faire des examens de dépistage régulièrement si on a plusieurs partenaires,
– faire un examen si il y a un ulcère, bouton ou rougeur après un rapport sexuel,
– Dépistage prénatal systématique de la syphilis et prise en charge adéquate de cette infection chez les femmes enceintes,
– Diagnostic et traitement précoces,
– Prévenir ses partenaires (jusqu’à 24 mois), la chaîne de transmission sera rompue et cela permettra de se protéger des risques de re-contamination,
– l’abstinence sexuelle ou la fidélité avec son partenaire (n’ayant aucune lésion) sont les moyens les plus efficaces pour prévenir la syphilis.

Il n’existe pas de vaccin, ni de traitement préventif pour la syphilis.

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