Le manque de diabétologues dans les zones rurales

Le diabète est devenu une préoccupation majeure pour les pays en voie de développement. D’ici peu, ces pays concentreront les 4/5 de la population diabétique mondiale : fédération internationale du diabète. Les causes principales de l’augmentation des cas de diabète sont l’abandon des activités physiques, le passage brusque du nomadisme à l’urbanisation, souvent en raison de la sécheresse, ainsi que la modification des habitudes culinaires et alimentaires. Le poids des maladies liées au diabète et la réduction de l’espérance de vie qui en découle freinent et freineront de plus en plus la croissance économique des pays. 

Le diabète se déclare souvent au milieu de la vie active. Lorsque les personnes touchées sont celles qui assurent la subsistance de leur famille, cela peut représenter une véritable catastrophe et une cause de pauvreté extrême. Le diabète constitue un problème de santé publique en France. L’augmentation de sa prévalence se fait en parallèle avec l’augmentation des chiffres de l’obésité et de l’hypertension artérielle : HTA. Les facteurs environnementaux dont l’urbanisation influencent avec force cet état des lieux. 

En milieu rural, la tendance tend à s’inverser du fait du changement des habitudes de vie. Le travail avait pour but de dépister la dysglycémie dans une commune rurale. De plus en plus de généralistes partent à la retraite sans être remplacés, et leurs patients ont du mal à trouver un nouveau médecin traitant. Exemples à Valence, Laval ou Sens, où des patients cherchent désespérément à être pris en charge. Les personnes atteintes de diabète ont besoin de conseils thérapeutiques tout au long de leur vie pour réussir à s’autogérer. Mais il y a des déficits. La qualité des soins peut être considérablement améliorée par le recours à un plus grand nombre de conseillers en diabète. C’est le résultat d’une étude pilote dans les zones rurales menée par l’Association des professions de conseil et de formation.

Surveillance de la glycémie et injections d’insuline

Les soins médicaux en Europe sont très bons dans l’ensemble. C’est la conclusion à laquelle est parvenu le Conseil des experts économiques sur l’évaluation de l’évolution du système de soins de santé. Toutefois, le panel a également noté qu’il existe des différences majeures entre les agglomérations et les zones rurales en termes de capacités d’approvisionnement. 

Cela a des conséquences sur la thérapie des personnes atteintes de diabète. Les personnes atteintes de diabète doivent apprendre à gérer leur maladie. Ils ont besoin d’un traitement spécialisé qui, en plus des soins médicaux, consiste en une formation intensive dispensée par des conseillers en diabète qui soutiennent les personnes concernées dans leur autogestion. Cela pourrait permettre d’éviter de graves dommages consécutifs à la maladie.

Un tiers seulement des patients traités de manière adéquate

Afin de déterminer la qualité des soins dans les zones rurales et si le recours à des conseillers en diabète peut améliorer la qualité des soins, l’Institut RED pour la recherche médicale et l’enseignement supérieur d’Oldenburg a mené une étude pilote pour le compte du VDBD. Des données ont été recueillies auprès de 120 personnes diabétiques au total, vivant dans la forêt bavaroise à la frontière tchèque et non prises en charge par un cabinet de diabétologie. Les paramètres médicaux : paramètres de laboratoire, informations sur la médication actuelle, etc. ont été tirés des dossiers du médecin de famille traitant respectif. En outre, des paramètres sur la qualité de vie, la satisfaction du traitement et la qualité du processus ont été recueillis. 

Dans l’ensemble, des déficits évidents dans la qualité des soins diabétologiques ont été constatés en particulier dans le domaine de l’autogestion. Seul un tiers des personnes examinées a atteint les objectifs de la thérapie adaptés à ce groupe de patients. En conséquence, deux tiers de ces patients diabétiques ne sont pas traités de manière adéquate et sûre. Seuls 20 % des patients examinés ont pu s’injecter correctement leur insuline et 15 % seulement ont pu déterminer correctement leur taux de sucre dans le sang. Ces chiffres montrent que la majorité des patients n’ont pas la capacité élémentaire de mener à bien la thérapie de manière autonome

Plus de conseillers en diabète, moins d’obstacles politiques

En plus de faire le point sur la situation actuelle, il a été examiné si la prise en charge des patients par un DDG, conseiller en matière de diabète, permettrait d’améliorer les compétences d’autogestion du déficit. Même une brève intervention d’un conseiller en diabète DDG améliore considérablement les capacités d’autogestion des personnes examinées. Les conseillers en diabète du DDG peuvent améliorer la qualité des soins diabétologiques dans les zones structurellement faibles et faire partie de la réponse dans la recherche de solutions pour des soins durables dans les zones rurales. 

L’association des professions de conseil et de formation exige plus d’initiative de la part des politiciens et des responsables des coûts afin d’améliorer le profil professionnel des conseillers en diabète, tant sur le plan social que financier. Cela inclut la reconnaissance à l’échelle nationale de la formation continue pour devenir conseiller en diabète en tant que profession indépendante ainsi que des options de facturation propres. L’accompagnement d’offres numériques pourrait améliorer le traitement du diabète dans les zones rurales. Mais pour cela, il faut d’abord créer l’infrastructure et renforcer les compétences numériques des patients et des thérapeutes : 

Méthodes

Ce travail de dépistage fait sur une journée a concerné une population tout-venant de 200 personnes. La glycémie capillaire à jeun, la tension artérielle, le poids, la taille, l’indice de masse corporelle et le tour de taille ont été mesurés pour toutes les personnes qui se sont présentées.

Résultats

Deux cent sujets ont été examinés. 31 % des sujets examinés étaient diabétiques. Chez les non-diabétiques, 57,9 % avaient une glycémie capillaire à jeun au-delà de 1,1 g/l, 51,2 % entre 1,1 g/l et 1,26 g/l et 48,7 % au-delà de 1,26 g/l. Sur le plan tensionnel, 95 % des patients examinés n’étaient pas connus hypertendus. L’obésité androïde touche 63,7 % des patients examinés.

 

Ce travail de dépistage fait sur une journée a permis de mettre le point sur les données en milieu rural concernant l’obésité, le diabète et l’HTA et qui sont directement liés à la morbi-mortalité cardiovasculaire. Les chiffres qu’on a trouvé dévoilent une réalité française, c’est qu’à l’occidentalisation du mode de vie vient se chevaucher l’urbanisation du monde rural. Le coût énorme de ces maladies pousse à planifier des mesures préventives dans une véritable démarche de santé publique. Les chiffres retrouvés lors de cette caravane médicale sont supérieurs à nos attentes. 

L’urbanisation du milieu rural a un impact sur le profil métabolique et tensionnel de cette population, ce qui devrait impliquer une démarche préventive de santé publique.

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