La dépression: une maladie à part entière

Dépression : Maladie associant le plus souvent un sentiment de fatigue, d’inutilité, de culpabilité, d’incapacité à accomplir les tâches quotidiennes. Une perte d’appétit et des troubles du sommeil sont fréquents. Les pulsions suicidaires sont l’un des signes de gravité de la dépression.

Ne pas confondre dépression et déprime !

Largement banalisé, le terme « dépression » est souvent utilisé à tort pour qualifier tout épisode de vague à l’âme. Il s’agit cependant d’une véritable maladie qui ne doit pas être négligée et non pas d’une faiblesse de caractère. Elle fait d’ailleurs l’objet d’une définition médicale précise qui prend en compte à la fois une notion de durée (les troubles doivent persister plus de 15 jours) et l’existence de symptômes caractéristiques que sont :
. un profond sentiment de tristesse, sans motif apparent ou disproportionné par rapport aux raisons invoquées, entraînant des pleurs incessants et pouvant mener au suicide,
. un ralentissement intellectuel et physique (démotivation, perte de concentration, fatigue excessive…) avec perte de l’estime de soi,
. associés à des troubles variés tels que des troubles du sommeil, une nervosité ou une angoisse importante, des variations pondérales. . .
Elle doit en cela être différenciée de la déprime, ou phase difficile de l’existence, où l’abattement est transitoire et en rapport avec les aléas de la vie. Seule une consultation médicale permet d’établir un diagnostic précis.

Une maladie fréquente aux causes méconnues

Maladie des temps modernes, la dépression toucherait environ en France 1 femme sur 5 et 1 homme sur 10. D’origine biologique, elle résulterait d’un dérèglement chimique au niveau du cerveau et notamment de l’insuffisance d’une substance, la sérotonine. Certains facteurs semblent en favoriser la survenue comme l’hérédité, la drogue, l’alcool, certains médicaments, certaines maladies chroniques ou encore le stress et les événements douloureux de la vie courante. (licenciement, divorce, deuil …).

Ne pas confondre dépression et anxiété

Dépression n’est pas non plus synonyme d’anxiété même si la dépression s’accompagne souvent d’une anxiété. L’anxiété se manifeste par un sentiment d’inquiétude permanent, une peur inconsidérée. Elle peut être isolée ou déclenchée par certains médicaments ou certaines maladies (insuffisance cardiaque, infarctus, dépression…).

À chacun sa dépression

Il n’existe pas de personnalité type sujette à la dépression. Cette maladie touche les 2 sexes, tous les âges et tous les milieux. Il existe cependant certaines particularités …
DE L’ENFANT AU SUJET ÂGÉ… La notion de dépression chez l’enfant est récente. Elle se manifeste essentiellement par un changement brutal de comportement sans raison apparente, avec colère, recherche d’isolement, troubles du sommeil et baisse des résultats scolaires. . . Jusqu’à la puberté, la dépression touche essentiellement le garçon: « j’en ai marre, j’suis nul ! « . Ces réflexions typiquement attribuées aux adolescents, tout comme une humeur changeante, ne doivent pas faire négliger une dépression. Assez comparable à celle de l’adulte, la dépression de l’adolescent peut prendre un aspect atypique avec un sentiment de rejet extrême, une boulimie ou un excès de sommeil et peut être lourde de conséquences (échec scolaire, risque accru de consommation de drogues ou d’alcool et de suicide).
Chez le sujet âgé, la dépression peut ressembler à une démence. Le malade perd son autonomie, est anxieux et agité, et délire volontiers, se reprochant de nombreux faits, se croyant persécuté ou ruiné.
QUAND LA BONNE HUMEUR HIBERNE… La dépression saisonnière est une forme particulière de dépression dont l’évolution dépend des saisons. Survenant généralement l’automne ou l’hiver, elle disparaît au printemps pour réapparaître l’automne suivant. Sa symptomatologie est caractérisée par une fatigue importante, un excès de sommeil et un goût prononcé pour le sucre.

LA FEMME, UNE PERSONNE VULNÉRABLE Deux à trois fois plus touchée par la dépression que l’homme, la femme connaît des périodes de sa vie où elle se trouve particulièrement exposée à cette maladie. Cette fréquence s’explique à la fois par des facteurs biologiques (hormones sexuelles) mais également sociaux et affectifs (problèmes familiaux, exposition plus fréquente au veuvage. . .).
. Le baby blues Débutant entre le 3ème et le 6ème jour après l’accouchement, le baby blues est un trouble dépressif moins marqué associant essentiellement une irritabilité, des pleurs répétés, des troubles de la mémoire et de la concentration et des plaintes physiques. Le baby blues touche 30 à 80 % des accouchées et persiste plus d’une semaine dans moins de 10 % des cas: on parle alors d’une dépression post-partum.
. Le syndrome prémenstruel, survenant la semaine précédant les règles, ce trouble dépressif se caractérise notamment par un sentiment de désespoir, une angoisse importante, une grande irritabilité, une sensation de fatigue, des troubles du sommeil et de l’alimentation (grignotage, excès alimentaires). Les symptômes disparaissent les premiers jours des règles, mais réapparaissent les cycles suivants.
En revanche, en dépit des idées reçues, la ménopause n’est pas un facteur favorisant la dépression.

les hommes, eux aussi !

plus difficile à diagnostiquer, la dépression de l’homme est souvent masquée par une agressivité importante, une consommation excessive d’alcool ou de drogues, la pratique intensive d’un sport ou des plaintes physiques récurrentes (mal de dos, douleur dans la poitrine, maux de tête…) non soulagées par les traitements habituels.

La dépression peut apparaître à tout instant: parlez-en …

Le soutien psychologique un patient triste ou découragé doit être écouté, accompagné et soutenu psychologiquement. le soutien psychologique, ou psychothérapie, permet d’aborder et de comprendre les troubles liés à la dépression. selon la méthode employée, la consultation peut se dérouler en face à face avec le médecin ou en groupe. la psychothérapie est en général assurée par un médecin spécialisé différent de celui qui prescrit le traitement médicamenteux.

Les antidépresseurs Médicaments incontournables, les antidépresseurs agissent directement sur l’humeur en stimulant la fatigue physique et psychique. Ils peuvent également avoir un rôle apaisant sur l’angoisse. En fonction du trouble ressenti, le médecin choisira le médicament le plus adapté aux symptômes et au type de dépression parmi les différentes familles d’antidépresseurs existantes (les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, les antidépresseurs imipraminiques, les IMAO…). Fréquemment prescrits, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont introduits à dose entière dès que le diagnostic de dépression est établi. Ils peuvent entraîner des effets indésirables légers qui disparaissent généralement en 15 jours. L’action des antidépresseurs se fait pleinement ressentir en 2 à 3 semaines.

Un traitement à vie ? Une fois déclarée, la dépression est une maladie qui dure environ six à huit mois. Afin d’éviter une rechute, le traitement doit par conséquent au moins couvrir cette période mais peut durer plus longtemps. En fonction de l’évolution, le médecin traitant décidera de prolonger ou d’interrompre, le plus souvent de façon progressive, le médicament prescrit.

LA RÉCIDIVE: UNE POSSIBILITÉ Si l’arrêt précoce du traitement expose à une rechute, c’est-à-dire à la réapparition des symptômes jusqu’alors contrôlés par les médicaments, cette rechute ne doit pas être confondue avec une récidive. En effet, la récidive est un nouvel épisode dépressif survenant à plus ou moins long terme après la guérison de la première dépression. La moitié des déprimés vont connaître une récidive au bout de 2 ans.

Comment éviter une nouvelle dépression ?

1 – Bien se traiter La prise en charge psychologique de la maladie est essentielle: le patient doit pouvoir parler de sa souffrance. De plus, des études réalisées sur une longue période ont démontré l’intérêt de l’utilisation prolongée des antidépresseurs. Il ne faut donc pas hésiter à prendre ce traitement aussi longtemps que nécessaire.
2 – Fuir le stress Après une dépression, il faut privilégier un environnement stable et serein, et adopter une bonne hygiène de vie.
3 – Faire du sport Thérapie accessible à tous, le sport, même pratiqué avec modération, a des vertus insoupçonnées, notamment celle de réduire les symptômes de la dépression.

Existe- t-il des facteurs favorisant les rechutes ou les récidives ? Plusieurs facteurs augmentent le risque de rechute ou de récidive : . le sexe féminin: là encore, les femmes sont plus vulnérables, . l’âge: plus l’âge avance, plus le risque de récidive est important, . le statut marital: le fait d’être seul augmente le risque, . la sévérité de la première dépression, . un stress important, . la survenue de nouvelles difficultés dans la vie quotidienne.

Les plantes à risques toxiques
Piqûres et Morsures