La varicelle (et le zona)

Définition

La varicelle est la maladie la plus contagieuse parmi les maladies infantiles, avec des pics épidémiques en hiver et au printemps, et quoiqu’en général sans complication, elle n’est pas si bénigne, car responsable en France de plus de 3 000 hospitalisations par an ainsi que d’une vingtaine de décès.

Elle est d’origine virale provoquée par le virus varicelle-zona – varicella-zoster-virus ou VZV – appartenant au groupe des virus herpès. Elle touche le plus souvent l’enfant (environ 95 % des cas) que l’adulte (5 % des cas) – adultes qui ne l’ont pas eue dans l’enfance – et dans ce cas, elle est plus grave: complications pulmonaires et encéphalites. C’est une maladie à immunité définitive, car on ne peut pas la contracter deux fois, mais le virus reste à l’état latent dans les ganglions des racines nerveuses rachidiennes sensitives postérieures, et peut se réactiver plus tard sous forme de zona.
Il existe un vaccin, mais peu utilisé en France, et sera surtout prescrit aux enfants fragiles (ayant une maladie chronique et/ou grave qui peut entraîne, chez l’enfant, une forme grave de varicelle).

La transmission d’une personne à une autre peut se faire par différentes voies:

– contact avec les boutons, qui sont très contagieux au stade de vésicules (ils ne sont plus contaminant quand ils sont à l’état de croûtes),
– sécrétions respiratoires (gouttelettes de salive: en parlant, et surtout en toussant ou éternuant),
– contamination indirecte par des objets ou des vêtements contaminés.
Une personne atteinte par le virus, est contagieuse entre deux/trois avant l’apparition des symptômes, et jusqu’à sept jours après l’arrivée des vésicules.

Symptômes

La varicelle a une période d’incubation d’environ 15 jours.

Les premiers signes sont une fièvre d’environ 38° et une rougeur de la peau, puis l’éruption arrive (ce sont les papules), et il y en aura plusieurs poussées successives (deux ou trois) séparées séparées de un à trois jours. Il y aura coexistence sur la peau de boutons d’âges différents: macules, papules, vésicules et croûtes.
Le malade peut aussi avoir des maux de tête, des maux de gorge, de la toux et souvent des larmoiements. Les papules qui sont de petites vésicules superficielles rouge de 2 à 4 mm de diamètre, qui apparaissent généralement sur le thorax en premier et vont se répandre sur tout le corps (le cuir chevelu, les cuisses, les bras, les muqueuses, les aisselles…), et finiront par atteindre le visage. Ces papules sont remplies de liquide clair, très contagieux, (« goutte de rosée posée sur une peau saine »), qui se troublera en deux jours, se desséchera, et laissera place à des croûtes qui finiront pas tomber en 5/6 jours. Il restera des cicatrices s’atténueront au bout de plusieurs semaines.
Attention: les démangeaisons sont importantes et peuvent entraîner des sur-infections.

Le zona, qui est une résurgence de la maladie, débute par une sensation de brûlure au niveau du nerf atteint, et parfois d’une fièvre modérée. Entre un et trois jours après le début cette sensation de brûlure, arrive l’éruption de vésicules similaires à celle de la varicelle. Cette éruption ne se manifestera que sur le territoire d’un nerf sensitif atteint, et sera souvent caractéristique par sa formation en grappe. Deux ou trois jours après l’apparition, la vésicule se dessèche, et il y aura une croûte qui restera une douzaine de jours, avant de tomber. La peau sera alors dépigmentée et légèrement en dépression. La maladie entraîne des sensations de douleur/brûlures qui disparaîtront rapidement, néanmoins, dans certains cas, ces douleurs résiduelles peuvent durer quelques semaines voire quelques mois et très rarement rester persistantes (trois cas lors de ma vie professionnelle).

Les complications

La plus fréquente est la surinfection cutanée chez l’enfant due aux lésions de grattage ( d’où la nécessité de calmer ces démangeaisons). Les deux bactéries qui en sont le plus souvent en cause sont le staphylocoque et le streptocoque. Ces surinfections peuvent évoluer, dans les cas les plus sévères, vers une septicémie qui peut être mortelle.
Suivent les troubles neurologiques. Le virus peut en effet entraîner des encéphalites (inflammation de l’encéphale) ou des cérébellites (inflammation du cervelet). Il y aura alors les symptômes suivants: ataxie (difficulté à coordonner les mouvements), nystagmus (mouvements incontrôlables des globes oculaires), maux de tête, nausées, et vomissements. La guérison interviendra en deux à quatre semaines. Ces complications, qui peuvent laisser très rarement des séquelles sont exceptionnellement mortelles.
En troisième position, par ordre de fréquence, viennent les complications pulmonaires: pneumonie ou pleurésie en rapport à une surinfection bactérienne par le streptocoque, ou pneumonie provoquée directement par le virus. Chez les adultes, avec l’invasion du poumon par le virus de la varicelle, se sont les complications les plus graves avec la survenue d’encéphalite et de pneumonies interstitielles. Chez les malades immuno-déprimés, ces complications peuvent être très grave, parfois mortels. Biens traitées, la guérison se fera en quelques semaines, sans séquelles importantes.
D’autres complications sont possibles dont le syndrome de Reye.

Chez la femme enceinte et au cours des premiers mois de grossesse, la varicelle peut provoquer des anomalies embryonnaires.

Chez le foetus, quelques jours avant l’accouchement, ou le bébé quelques semaines après l’accouchement, la varicelle est très grave avec risque d’une infection sévère mais aussi d’une pneumonie, d’une méningo-encéphalite ou d’une hépatite.

Le diagnostic

Il s’appuie sur l’examen clinique et s’appuie sur la mise en évidence des vésicules typiques de la varicelle sur la peau. La recherche directe du virus par diagnostic biologique n’est utile que pour les formes graves, les immuno-déprimés et les femmes enceintes.

Ne pas confondre avec … (liste non exhaustive) :
– vésicules de la gale,
– piqûres d’insectes,
– impétigo bulleux,
– infection herpétique étendue,
– vésicules de l’eczéma …

Le traitement

Le traitement de base consiste à soulager les démangeaisons et éviter les complications (surinfections).
– on utilise des anti-histaminiques (contre les démangeaisons), qui seront prescrits par le médecin, et application locale avec du gel fluide de calamine (après utilisation d’antiseptiques) sera conseillée, ne pas utiliser de talc, qui favorise la macération et la surinfection
– des mesures d’hygiène seront prises quotidiennement: nettoyage antiseptique boutons et un nettoyage des ongles, qui auront été coupés courts(surinfection par l’intermédiaire du grattage), d’autant plus que les boutons grattés peuvent engendrer des cicatrices indélébiles.
– les antipyrétiques sont utiles pour lutter contre la fièvre (pas d’aspirine ni d’ibuprofène, qui sont contre-indiqués avec la varicelle).

Les sur-infections peuvent nécessiter un traitement antibiotique pour limiter leur propagation cutanée(impétigo), voire générale(septicémie).
La prescription d’antiviraux ainsi que d’immunoglobulines spécifiques n’est utilisée que dans certains cas graves.

Traitement du zona: le traitement est symptomatique comme la varicelle. En cas de douleurs, des antalgiques et certaines benzodiazépines (clonazepam) sont prescrits.

Prévention de la varicelle

Jusqu’à la guérison complète (chute des croûtes), l’enfant ne doit pas fréquenter la crèche, ou l’école, et il doit être isolé.
Les individus immuno-déprimés n’ayant pas eu la varicelle, doivent éviter tout contact avec les malades.
Il existe un vaccin; il est constitué d’un virus vivant atténué et est prescrit aux enfants immuno-déprimés ainsi qu’à leur entourage: VARILRIX laboratoire GlaxoSmithKline et VARIVAX laboratoire Sanofi Pasteur MSD (ATTENTION: avant de vacciner les femmes en âge de procréer, il convient de s’assurer de l’absence de grossesse et de la prise d’une contraception jusqu’à 3 mois après la vaccination (cf. Contre-indications et Grossesse). Varivax – et Varilrix- n’est généralement pas recommandé chez les mères qui allaitent (cf. Allaitement).

Conseil

Éviter les bains et le contact avec l’eau au début de l’éruption car cela freine le séchage des croûtes et augmente le risque de surinfection.

Évolution de la maladie:

Le pronostic est habituellement bon, la varicelle guérit spontanément en 10 à 15 jours. La maladie ne laisse aucune séquelle, hormis les cicatrices sur la peau lorsque les boutons ont été grattés ou surinfectés.

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